Réformer, refonder, reconstruire l’État
Au xixe et jusqu’au dernier quart du xxe siècle, l’État a été l’incarnation même de la gouvernance. À tel point que l’idée même de gouvernance se confondait avec l’organisation et le fonctionnement de l’État.
Durant les trente dernières années, les États ont presque partout été remis en question, entraînant d’ailleurs dans cette remise en cause, les institutions internationales conçues au xxe siècle sur un modèle inter-étatique.
Par son inertie structurelle et par les forces sociales qui y sont liées, l’État peine à se réformer. Cette absence de réforme a permis, dans les années 1980, la diffusion de nouveaux modèles de gouvernance dont le but proclamé était de réduire le rôle de l’État, sans alternatives. Au risque d’oublier la nécessaire régulation d’une société.
Beaucoup des contributions de la fondation à la réflexion sur la gouvernance concernent, de près ou de loin, la réforme de l’État. La plupart d’entre elles relèvent de l’entrée « géographique » de l’action de la fondation, car les problèmes sont propres à chaque région du monde. Une seule autorisation de programme est classée sous le titre de la réforme de l’État : celle qui consiste à documenter les processus de transition et de réforme de l’État dans les pays sortant de conflits ou accédant à la démocratie, afin d’en tirer des lignes directrices pour l’avenir.
L’expérience que nous avons tirée de notre travail sur la construction de la paix dans les années 1990 montre que la reconstruction d’un État légitime et efficace est généralement le principal défi de la construction d’une paix durable.




