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Approche Géographique

 

La démarche de la fondation est résolument mondiale, elle privilégie le fait que tout autour de la terre les sociétés, malgré des degrés de développement très hétérogènes, sont fondamentalement confrontées à des défis de même nature et invitées à des mutations de même ampleur. Néanmoins, nous croyons, dans tous les domaines et plus encore dans celui de la gouvernance, que tout l'art est de conjuguer unité et diversité du monde.

 

L'entrée géographique privilégie l'idée de diversité à l'intérieur de défis communs, chaque région du monde a ses caractéristiques et ses défis spécifiques.

De la sorte, l'approche géographique de la fondation est en quelque sorte subsidiaire. Pour l'essentiel en effet la fondation privilégie l'unité des défis. L'entrée géographique n'intervient que là où la spécificité doit l'emporter. Ce caractère subsidiaire explique que l'entrée géographique ne représente au total que 20 % de l'ensemble de l'action de la fondation. Mais, quand on dénombre, pour chaque continent, le nombre d'autorisations de programmes définies par d'autres modes d'entrée, collégiale, thématique ou méthodologique, les actions qui ont un impact sur ce continent concernent un continent donné, c'est l'impression d'abondance qui prévaut avec vingt actions en moyenne concernant un continent donné mais ne relevant pas de l'entrée " géographique ".

C'est particulièrement vrai pour l'entrée collégiale : en théorie la construction de réseaux et alliances au sein d'un milieu socioprofessionnel concerne par définition les différents continents. Mais pour que cela soit vrai en pratique il faut que de véritables réseaux transcontinentaux soient déjà constitués ou en voie de l'être. C'est loin d'être le cas. Ce qui explique que l'Europe est concernée par onze milieux socioprofessionnels différents alors que l'Amérique n'est concernée que par cinq, les autres continents étant dans une position intermédiaire.

Vient en second l'entrée méthodologique, ce qui s'explique par le fait que nos avancées méthodologiques sont faites en fonction des attentes et des besoins de nos différents partenaires. La présence de l'entrée méthodologique est particulièrement significative en Asie, où nous recherchons des dialogues multi-acteurs, où nous appuyons des développements de sites ressources et où la démarche cartographique a rencontré un bon écho notamment en Chine ;l'entrée méthodologique est aussi très présente sur le continent africain du fait que l'Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique est un espace dynamique d'innovation dans le champ des méthodes.

L'entrée thématique est également très présente, surtout pour ce qui concerne la gouvernance et l'éthique.

L'examen des actions classées dans le mode d'entrée " géographique ", confirme la prééminence des questions de la gouvernance à ses différentes échelles. Comme on le verra dans les textes sur les différentes sous-dominantes, c'est en effet à propos de la gouvernance que les questions apparaissent les plus spécifiques, de la crise de la construction européenne à la nécessité de refonder la gouvernance en Afrique, de l'ouverture d'un débat public sur la gouvernance en Chine à la crise généralisée des Etats et du politique en Amérique Latine.

Quand on examine les dépenses de 2004-2005 dans l'entrée géographique, la diversité des actions décrites ne doit pas masquer la grande concentration de nos appuis financiers. En réalité, trois-quarts des moyens financiers sont consacrés en 2004-2005 à trois actions seulement : l'Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique ; les partenariats avec la Chine ; la mise en place d'un panel européens de citoyens en Europe.

En 2006-2007, la diversité sera un peu plus grande mais nous assumons volontiers néanmoins cette concentration. Elle est due à la limite de nos ressources humaines et financières, mais reflète aussi un choix stratégique : une opération phare dans chaque région du monde est le meilleur moyen d'exprimer les caractéristiques spécifiques de cette région.

En 2004-2005, l'entrée géographique était décomposée en sous-dominantes par continent. Cette décomposition s'est avérée à l'usage artificielle, ne serait-ce qu'en raison du poids démographique, politique et économique de l'Asie, qui représente à elle seule 60 % de la totalité de la population de la planète. La classification géographique traditionnelle induit ici une véritable erreur de perspective. De même, l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud renvoient à des questions, des défis et des crises de nature sensiblement différentes l'une de l'autre. Les joindre dans une même sous-dominante s'est avéré artificiel.

Au total, nous avons gardé volontairement l'unité de l'Europe (en vérité presque exclusivement ramenée à l'Union européenne) et de l'Afrique (du fait de la dynamique de l'Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique, qui cherche à s'étendre à l'ensemble du continent). En revanche, nous avons découpé l'Asie-Océanie en quatre sous-dominantes : l'Asie de l'Est et du Nord Est ; le sous-continent indien ; l'Asie du Sud Est plus l'Australie et la Nouvelle-Zélande ; le Moyen Orient et l'Asie centrale. De même, l'Amérique a été décomposée en deux sous-dominantes : Amérique du Nord et Amérique du Sud.

Pour l'essentiel, nos priorités géographiques demeurent inchangées en 2006-2007.

L'examen d'ensemble du budget fait par ailleurs apparaître l'effort général de diversification géographique d'un certain nombre d'actions : l'institut pour un nouveau débat sur la gouvernance (IRG), l'effort d'implantation de l'initiative pour repenser l'économie, la diffusion de la méthodologie des sites ressources et la tentative d'internationalisation des différentes alliances citoyennes à dominante socioprofessionnelle.

Enfin dans l'entrée géographique, nous envisageons un élargissement de la palette de nos modes d'action avec trois nouvelles modalités encore hypothétiques : des Assemblées de citoyens dans les contextes où, au-delà d'une réforme de la gouvernance, c'est une communauté qui doit s'instituer, se réinventer, en Europe, en Amérique latine ou en Afrique ; des rencontres de région du monde à région du monde sur le modèle du forum Chine-Europe d'octobre 2005 ; des séminaires itinérants sur la gouvernance esquissés pour l'Amérique latine.