Thème Amérique latine
Sous l'impact des processus de libéralisation des économies, de la révolution technologique, mais aussi du fait de l'incapacité et de la corruption des classes politiques, la plupart des Etats d'Amérique latine sont confrontés à de profondes crises économiques, sociales, monétaires et politiques. Beaucoup de ces pays connaissent des mobilisations sociales et citoyennes qui remettent en cause la légitimité de ces Etats sans pour autant proposer des alternatives crédibles. La redéfinition ou la réforme des Etats, la gestion autonome des territoires et la construction de nouveaux modèles de développement sont au coeur des débats actuels.
Des changements politiques se sont produits sous la poussée électorale en faveur de gouvernements progressistes ou populistes (Brésil, Vénézuela, Uruguay, Bolivie). Mais la révélation de la corruption du gouvernement Lula au Brésil, les résultats peu probants de son équipe gouvernementale et l'absence de réelles perspectives alternatives ont créé beaucoup de désillusion. Les autres nouveaux gouvernements doivent également faire face aux contraintes liées aux forces économiques internationales actuelles, aux exigences des organisations internationales (Banque Mondiale, FMI..) et aux demandes de réforme proposées par de larges secteurs de la société civile et les mouvements sociaux (organisations indigènes, femmes, syndicats de salariés, organisations paysannes...) au niveau national, régional et continental.
Les processus d'intégration économique et politique au niveau régional ou continental sont ressentis comme nécessaires par de larges secteurs de la population afin de contrer le désir hégémonique des Etats-Unis de réaliser un grand marché sur l'ensemble des Amériques. Mais les processus d'intégration ont été, jusqu'à présent, des processus de libéralisation. (cf. Mercosur). L'Amérique hispanophone constitue un cas étonnant d'homogénéité linguistique, de communauté de problèmes mais aussi de cloisonnement.
C'est dans ce contexte que la tenue d'assemblées constituantes est en discussion en Bolivie et en Equateur. Ce débat sur la refondation ou la réforme des Etats redouble d'intensité avec le fait que quatre pays d'Amérique latine connaîtront en 2006 des élections présidentielles (Chili, Equateur, Mexique et Colombie).
Avec l'accès de nouveaux responsables politiques à la direction des Etats et sous l'impulsion de la société civile, l'évolution des sociétés vers des modes plus durables de développement apparaît également comme un thème politique majeur. C'est sur ce thème qu'un débat tente d'émerger au Brésil dans le cadre du forum social brésilien.
La Fondation travaille, depuis sa création, avec des partenaires en Amérique latine, sur les questions de gouvernance, d'alimentation, de gestion des ressources naturelles, de construction d'un art de la paix, d'alliances citoyennes ou de formation de leaders sociaux.
En 2004-2005, la Fondation a soutenu plusieurs initiatives en Amérique latine. Parmi celles-ci, on peut citer : le soutien à la création du réseau ESPIRAL (Ecrivains publics sur l'intégration régionale en Amérique latine) qui a pour vocation de développer une méthodologie de systématisation d'expériences et d'analyses sur l'intégration régionale; les initiatives d'éducation à la paix menées en Colombie ou de formation des leaders sociaux dans les pays andins; l'organisation d'un atelier sur le thème " Territoires Indigènes - Autonomies - Etats " (Association des Populations de Montagne du Monde). Elle soutient la diffusion de la Charte des Responsabilités dans ce continent et le processus est très actif au Brésil, en Colombie, au Chili. Elle a également appuyé l'élaboration d'un art de la paix grâce au site web Irénées et la réalisation d'une rencontre internationale de militaires. L'Amérique latine, enfin, est en pointe sur la réforme de l'Université et le réseau Orus a montré tout l'intérêt de la réelle internationalisation de ce débat. C'est dire que les engagements de la Fondation en Amérique Latine sont plus larges que les actions classées dans cette sous dominante.
En 2006-2007, les actions classées dans la sous-dominante tournent toutes autour de la gouvernance. Certaines se situent dans le prolongement d'actions déjà en cours. D'autres sont plus hypothétiques, car l'initiative de la Fondation y est plus forte et leur confirmation et mise au point appellent un dialogue collectif avec l'ensemble des partenaires. D'ores et déjà, à la fin de 2005, la Fondation a décidé d'appuyer, en Equateur, un processus de mise en débat et de formation de responsables sociaux et d'élus sur la réforme de l'Etat. Il s'agira également de :
1) Repenser la gouvernance locale, nationale et régionale
- La continuation du soutien au réseau d'écrivains publics (ESPIRAL) organisé dans plusieurs pays et mobilisé sur le thème de l'intégration régionale.
- La réalisation d'un séminaire itinérant autour de plusieurs ateliers thématiques liés à la gouvernance, la culture de paix, avec la participation de Pierre Calame, valorisant aussi l'édition en espagnol du livre "La démocratie en miettes".
2) Favoriser des processus de dialogue et préparer le futur
- La construction d'un dialogue et des scénarii pour le futur à partir du conflit historique de territoire entre la Bolivie, le Pérou et le Chili. (cf. l'accès à la mer pour la Bolivie)
3) Penser et mettre en oeuvre des développements plus durables.
- La nécessité pour les différents acteurs des sociétés (politiques, entreprises, sociétés civiles) de penser et d'agir ensemble afin d'engager les sociétés vers des modes de développement plus durables. C'est le sens de l'initiative d'IBASE sur le thème "De quel Brésil l'Humanité a t-elle besoin ? "



