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Thème territoire, brique de base d'une société durable

 

Dans l'ensemble de l'action de la fondation, plus d'une autorisation de programme sur quatre traite de l'organisation territoriale de la société, du rôle des territoires pour la naissance d'une société durable et d'une gouvernance adaptée aux défis du 21ème siècle. Malgré la mondialisation et la mobilité des biens et des informations, qui ont fait éclater le cloisonnement ancien des sociétés, celles-ci continuent à s'enraciner pour l'essentiel dans des lieux : des quartiers, des villes, des terroirs, des bassins d'habitat et d'emploi. Le territoire est une réalité à la fois physique, sociale, économique, culturelle, écologique, administrative et politique. Il peut aller, dans le cas des métropoles, jusqu'à regrouper plusieurs dizaines de millions d'habitants. C'est pourquoi nous défendons fermement le concept de territoire, irréductible à ce que l'on appelle en anglais les " communities ".

Malgré des interdépendances économiques, sociales, politiques et écologiques qui s'étendent à l'échelle de la planète, nous affirmons que, par un paradoxe apparent, le territoire constitue au 21e siècle la brique de base d'une gouvernance qui va du local au mondial, à condition de repenser le territoire et sa gestion, de le concevoir comme un lieu de concentration des flux et des relations et non comme une petite portion de l'espace ou un échelon administratif et politique.

Au plan économique, dans une société où la combinaison des savoirs et des savoir faire joue un rôle essentiel, c'est souvent à l'échelle des territoires que s'opère cette combinaison. C'est ce qui explique l'intérêt croissant accordé aux pôles de compétitivité économique : l'économie mondiale est une économie d'archipel.

Au plan écologique, l'organisation de l'habitat, des transports, des flux de matière entre les activités économiques déterminent pour une large mesure l'impact des sociétés humaines sur la biosphère.

Au plan politique, c'est à l'échelle des villes et des territoires que peut se développer une gouvernance capable d'établir les relations entre activités et les partenariats entre acteurs. C'est à cette échelle aussi que s'organise la plupart des services publics, que se construisent les solidarités, que se complètent les formes marchandes et non marchandes de l'échange, que s'inventent des alternatives à l'économie dominante. A cette échelle enfin que peuvent se définir les relations entre la recherche, l'université et la société, que peut s'inventer entre elles un nouveau contrat social.

Un peu partout dans le monde, le constat de l'importance des territoires se traduit par un mouvement de décentralisation des pouvoirs au profit des collectivités locales. Les grandes villes montent en puissance. Les réseaux internationaux de collectivités locales deviennent un acteur majeur de la mondialisation.

Il est permis de voir dans les territoires l'acteur social, économique et politique majeur de demain en raison même de l'importance de la gestion des relations dans la société moderne. Mais, dans ce domaine comme dans d'autres, les systèmes de pensée, les outils de mesure, les instruments de gestion sont en retard sur les réalités. Pour que le territoire devienne un acteur social majeur, il faut développer le cadre conceptuel et les outils théoriques, techniques, institutionnels ou juridiques correspondants. La fondation s'est engagée depuis plusieurs années dans cette voie. En 2006-2007 elle poursuivra cet effort dans trois directions.


1- la promotion d'une nouvelle approche du territoire

  • la création d'un espace international de débats et de réflexions sur les territoires (IRT). Il s'agit de décloisonner les différents réseaux qui promeuvent une nouvelle vision du territoire, de stimuler ainsi une véritable école de pensée.
  • le développement, avec le centre de recherche de la ville de Shanghai, d'un site ressources multilingue (chinois, anglais et français) sur la gestion des métropoles.
  • le développement d'outils conceptuels et de mesure des flux, notamment de matières, entrant et sortant d'un territoire, avec la poursuite de l'appui au développement du mouvement international de l'écologie territoriale. Cette approche est complétée par la promotion d'indicateurs nouveaux permettant d'apprécier la qualité, notamment sociale, de la gestion des territoires.


2- Le soutien à la réflexion internationale propre à certains espaces spécifiques

  • l'appui à un réseau international de réflexion sur la gestion durable des régions de montagne ;
  • l'appui à un réseau international de réflexion sur la gestion durable des zones littorales.

 

3- L'appui à des approches plus sectorielles

  • l'inscription d'une économie responsable, plurielle et solidaire dans les territoires ;
  • l'inscription de la lutte contre l'exclusion dans les territoires avec la promotion des démarches de pactes locaux.